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Chaos à la Prison de Makala : Tentative d’Évasion Dévastatrice et Bilan Tragique

La prison centrale de Makala, la plus grande du pays, est conçue pour héberger 1 500 détenus, mais abrite aujourd’hui plus de 15 000 personnes. Cette surpopulation est souvent source de critiques concernant les conditions carcérales.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la prison a été le théâtre d’une intense fusillade, conséquence d’une tentative d’évasion. L’armée et la police ont rapidement intervenu pour maîtriser la situation. Cependant, le bilan humain est tragiquement lourd : le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé que le nombre de morts s’élève actuellement à 129.

Parmi ces victimes, 24 ont été abattues après sommation, tandis que les autres sont décédées par étouffement. Certaines femmes détenues ont également été victimes de viols. En outre, 59 personnes ont été blessées.Les dégâts matériels sont également conséquents. Les bâtiments administratifs, le greffe, l’infirmerie et le dépôt de vivres ont été réduits en cendres. Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur a appelé à une enquête rigoureuse et indépendante, une demande également soutenue par la société civile.L’opposition exprime une vive indignation face à ces événements.

Martin Fayulu condamne ce qu’il décrit comme « l’assassinat brutal des prisonniers » et appelle à une enquête exhaustive pour que les responsables soient traduits en justice. De son côté, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi partage cette indignation, affirmant : « Quelle que soit la cause du drame, rien ne peut justifier ce massacre. »

Les critiques proviennent également de la société civile. Prince Epenge, porte-parole de la Coalition d’opposition Lamuka, estime que le bilan officiel est largement sous-évalué et exige une enquête indépendante pour clarifier les responsabilités et éviter de futurs carnages. Hervé Diakiese, porte-parole d’Ensemble pour la République, dénonce la violence contre des civils désarmés et la tendance à minimiser les dégâts. « La facilité avec laquelle on tire sur des civils désarmés et le déni des véritables proportions du drame sont inacceptables, » affirme-t-il.

Rostin Manketa Nkwahata, Directeur Exécutif de l’ONG La Voix des Sans Voix, exprime également son choc. « La prison, censée être l’endroit le plus sécurisé, a été le site d’un carnage. Nous appelons à une enquête mixte impliquant des défenseurs des droits humains pour faire la lumière sur les violences et assurer justice, » conclut-il.

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