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Abou Mohammed al-Joulani : Du djihadisme à l’ascension politique en Syrie

Abou Mohammed al-Joulani, leader de la coalition Hayat Tahrir al-Sham (HTS), incarne une trajectoire singulière dans l’histoire récente de la Syrie. À 42 ans, ce personnage complexe, ancien cadre d’Al-Qaïda en Syrie, est désormais au centre des événements qui ont conduit à la chute du régime de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, marquant ainsi un tournant majeur dans le conflit syrien.

Originaire de Damas, où il est né sous le nom d’Ahmed al-Chareh, al-Joulani grandit dans une famille aisée et entame des études de médecine avant de se tourner vers le combat. En 2003, il rejoint les rangs d’Al-Qaïda en Irak, où il s’illustre sous le commandement d’Abou Moussab al-Zarqaoui, avant d’être emprisonné pendant cinq ans.

À son retour en Syrie en 2011, en pleine guerre civile, il se joint à la rébellion contre le régime de Bachar al-Assad, et fonde en 2013 le Front al-Nosra, qui deviendra plus tard HTS. Refusant de prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadireste fidèle à Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda. Cependant, en 2016, il prend ses distances avec Al-Qaïda, reformant son groupe sous une nouvelle bannière pour échapper à des représailles internationales et établir une position autonome.

Depuis 2017, al-Joulani a cherché à unifier plusieurs groupes rebelles sous la bannière de HTS, consolidant ainsi son pouvoir dans le nord de la Syrie, notamment à Idlib. Avec une approche pragmatique, il tente de se réinventer en adoptant une image plus modérée. Parfois vêtu d’un uniforme militaire ou d’un costume civil, il cherche à se distancer de l’image traditionnelle des djihadistes tout en consolidant son leadership au sein des forces rebelles.

Malgré ces efforts pour apparaître comme un dirigeant pragmatique et politique, le passé djihadiste d’al-Joulani continue de peser sur son image. Son rôle dans la création du Front al-Nosra et ses liens avec Al-Qaïda et le djihadisme mondial continuent de diviser l’opinion, à la fois au niveau national et international. Pourtant, après la chute du régime de Bachar al-Assad, il reste une figure incontournable de la scène syrienne, bien que son avenir politique et celui de son mouvement.

Malgré ces efforts pour apparaître comme un dirigeant pragmatique et politique, le passé djihadiste d’al-Joulani continue de peser sur son image. Son rôle dans la création du Front al-Nosra et ses liens avec Al-Qaïda et le djihadisme mondial continuent de diviser l’opinion, à la fois au niveau national et international. Pourtant, après la chute du régime de Bachar al-Assad, il reste une figure incontournable, bien que son avenir politique et celui de son mouvement soient incertains.

Al-Joulani incarne ainsi une évolution politique marquée par des compromis et des stratégies de repositionnement, un acteur clé dans un paysage syrien en pleine recomposition après treize ans de guerre.

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