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Harvard vs Trump : La justice suspend l’interdiction d’accueillir des étudiants étrangers

La prestigieuse université Harvard vient de remporter une première manche face à l’administration Trump. Une juge fédérale a temporairement suspendu la mesure controversée qui visait à interdire à l’établissement d’accueillir des étudiants internationaux.

La bataille entre Harvard et l’administration Trump est désormais devant les tribunaux. Ce vendredi 23 mai, une juge fédérale du Massachusetts, Allison D. Burroughs, a ordonné la suspension temporaire de la mesure gouvernementale interdisant à l’université d’accueillir des étudiants étrangers.Cette décision intervient quelques heures à peine après le dépôt d’une plainte officielle de l’établissement, classé parmi les meilleurs au monde, contre la Maison Blanche.

Harvard y dénonçait une attaque directe contre sa mission éducative, sa liberté académique et ses principes fondateurs.Jeudi, Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure, annonçait que Harvard n’était plus autorisée à recevoir d’étudiants internationaux, justifiant cette mesure par le refus présumé de l’université de coopérer avec les autorités sur l’activité de ses étudiants étrangers.

Dans un discours offensif, elle accusait l’université de « perpétuer un environnement dangereux sur le campus, hostile aux étudiants juifs », de sympathies pro-Hamas et de promouvoir des politiques de diversité qualifiées de « racistes ». Harvard a répliqué dans une plainte cinglante déposée au tribunal fédéral du Massachusetts, affirmant que la décision du gouvernement fédéral revenait à effacer d’un coup de crayon un quart de ses effectifs.

L’université accueille cette année environ 6 700 étudiants internationaux, soit 27 % de sa population étudiante.Elle accuse l’administration Trump d’user de représailles politiques pour imposer un contrôle idéologique sur ses programmes, ses recrutements et sa gouvernance.

Le soutien international s’organise

La suspension décidée par la justice restera en vigueur jusqu’à une audience préliminaire prévue le 29 mai, mais le dossier dépasse déjà le cadre juridique. Plusieurs pays ont exprimé leur inquiétude.En Allemagne, la ministre de la Recherche Dorothee Bär a jugé cette décision « très, très préoccupante » et déploré un « signal négatif pour la jeune génération et pour le monde libre ». Environ 550 étudiants allemands sont actuellement à Harvard.

Du côté de la Chine, le ministère des Affaires étrangères a condamné une politisation de la coopération éducative, affirmant que cette mesure « nuit à la réputation internationale des États-Unis ». Près de 1 300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard, tandis qu’environ 280 000 étudient dans d’autres universités américaines.L’affaire Harvard n’est pas isolée.

Elle s’inscrit dans une offensive plus large de l’administration Trump contre l’enseignement supérieur aux États-Unis. Plusieurs universités d’élite, comme Columbia, sont accusées de laxisme face à la montée de l’antisémitisme dans le contexte explosif de la guerre à Gaza, déclenchée après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023.

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