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Élections générales de 2026 : Et si ce nouveau Code électoral était une chance pour l’opposition béninoise ?

Adoptée le 6 mars 2024 par l’Assemblée nationale, la loi n°2024-13 modifiant le Code électoral du Bénin continue de faire couler beaucoup d’encre. À quelques mois des élections générales de 2026, ce texte cristallise les tensions, notamment au sein de l’opposition, qui l’accuse de restreindre les libertés politiques.

Pourtant, une lecture attentive révèle que ce code, loin d’être un obstacle, pourrait en réalité répondre à certaines de leurs propres revendications.Le nouveau Code électoral fait clairement la distinction entre deux logiques : les alliances ou coalitions électorales, désormais interdites, et les accords politiques, désormais autorisés sous certaines conditions.

La loi ouvre la voie à deux types de coopérations encadrées, à condition qu’elles soient déclarées à la CENA avant les élections :

Accord législatif : valable pour les législatives. Si un parti n’atteint pas les 20 % requis par circonscription, mais que lui et d’autres partis signataires de l’accord ont chacun au moins 10 % au plan national, leurs suffrages peuvent être additionnés pour leur permettre d’avoir des sièges au Parlement.

Accord de gouvernance : valable pour la présidentielle. Il permet à des partis de s’unir derrière un même duo de candidats en mutualisant les parrainages de leurs élus, afin d’atteindre le seuil de 15 % du collège électoral nécessaire pour valider une candidature.

En clair, si un parti est effectivement majoritaire dans l’opinion, il ne devrait avoir aucune difficulté à franchir les 20 % dans les circonscriptions, ni à mobiliser 10 % des suffrages au plan national pour accéder au partage des sièges. Et si ce parti possède suffisamment d’élus locaux ou parlementaires, alors le parrainage pour une candidature présidentielle devient un exercice logique et accessible.

Depuis des années, plusieurs figures de l’opposition répètent que leur parti est « aimé du peuple », qu’ils représentent la vraie majorité silencieuse, qu’ils sont les chouchous des électeurs. C’est le moment de le démontrer. Ainsi, loin. d’être un outil d’exclusion, le nouveau Code électoral apparaît comme une opportunité de vérité politique.

Il oblige chaque parti à se mesurer réellement à l’électorat, sans artifice. Il n’interdit pas les convergences idéologiques, mais exige qu’elles soient transparentes, assumées et démocratiquement validées.

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