Plus de 40 chefs d’État africains se sont réunis lundi 8 septembre à Addis-Abeba pour la deuxième édition du Sommet africain sur le climat. Bien que le continent ne représente que 4 % des émissions mondiales, il subit déjà de plein fouet les conséquences du changement climatique, perdant chaque année jusqu’à 5 % de son PIB à cause des catastrophes naturelles.
D’ici 2030, jusqu’à 118 millions de personnes parmi les plus pauvres pourraient être touchées par sécheresses, inondations et vagues de chaleur.Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, pays hôte, a souligné que l’Afrique ne veut plus seulement recevoir de l’aide, mais investir dans son avenir. Il a présenté l’initiative “Green Legacy” de l’Éthiopie, qui a permis de planter plus de 48 milliards d’arbres, et le futur Grand barrage de la Renaissance, source d’énergie renouvelable majeure.
Il a aussi proposé un pacte africain pour l’innovation climatique, avec un partenariat de 50 milliards de dollars par an, pour développer 1 000 solutions africaines d’ici 2030.
Par ailleurs, ce sommet affiche l’unité du continent à quelques mois de la COP30 en Amazonie, où l’Afrique souhaite peser davantage dans les négociations internationales. Abiy Ahmed a officiellement annoncé la candidature d’Addis-Abeba pour accueillir la COP32 en 2027, afin de faire de la capitale éthiopienne la capitale africaine du climat.
Selon l’Organisation météorologique mondiale, le continent connaît une hausse moyenne des températures de près de 0,9 °C par rapport à la période 1991-2020, avec des conséquences dramatiques. En Afrique du Nord, la hausse atteint 1,28 °C, la région la plus touchée. Au Soudan du Sud, des inondations ont détruit les moyens de subsistance de milliers d’éleveurs, menaçant traditions et survie.
L’Afrique veut désormais être reconnue comme un acteur incontournable dans la transition climatique mondiale, en valorisant ses atouts économiques et naturels plutôt que de rester simple victime du changement.