Le 8 septembre 2025, le Conseil constitutionnel ivoirien a officialisé ce que beaucoup redoutaient : l’exclusion définitive de plusieurs figures majeures de l’opposition dans la course à la présidentielle d’octobre. Parmi eux, l’ex-président Laurent Gbagbo, le banquier international Tidjane Thiam, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre et pilier du Front Populaire Ivoirien (FPI).
Cette décision, qui valide la candidature du président sortant Alassane Ouattara et d’une poignée d’autres prétendants, cristallise une nouvelle fois les tensions qui minent le système démocratique ivoirien.Le rejet des candidatures de Gbagbo, Thiam et Affi N’Guessan repose officiellement sur des motifs techniques : radiation de la liste électorale pour les deux premiers et absence du nombre requis de parrainages pour le troisième.
Pourtant, cette décision traduit bien plus qu’une simple application rigoureuse de la loi électorale. Elle révèle un mécanisme de verrouillage du champ politique, où les principaux opposants sont écartés pour laisser place à une élection largement dominée par le pouvoir. Ainsi, le scrutin du 25 octobre semble compromis quant à sa représentativité.
Avec 55 candidatures rejetées sur 60, et une opposition affaiblie, la présidentielle s’annonce sous le signe d’une compétition restreinte, où le président sortant, Alassane Ouattara, part favori. Cette situation risque d’accroître la défiance des citoyens envers les institutions, dans un pays marqué par des crises politiques récurrentes et une fracture sociale profonde.
Jusqu’où peut-on parler de démocratie quand les règles du jeu électoral semblent fabriquées pour marginaliser les challengers les plus crédibles ? La Côte d’Ivoire, à l’aube de ce scrutin, se trouve à la croisée des chemins. Entre maintien de la stabilité politique et exigence de pluralisme, la tension reste palpable. Et, Simone Ehivet, ex-première dame et candidate indépendante, tentant de se détacher de l’ombre de Laurent Gbagbo. Mais sa candidature ne suffit pas à compenser l’absence des poids lourds exclus.