Eileen Higgins a créé la surprise en remportant la mairie de Miami mardi 9 décembre, avec près de 60 % des voix, face au républicain Emilio Gonzalez, soutenu par Donald Trump. À 61 ans, cette ingénieure mécanique devient à la fois la première femme et la première démocrate depuis 1998 à diriger la capitale économique du sud de la Floride. Le scrutin a toutefois été marqué par une participation très faible, autour de 20 %.
Originaire du Nouveau-Mexique, Higgins n’a rejoint la vie politique que tardivement. Auparavant, elle a travaillé pour le Peace Corps, qu’elle a représenté au Belize. Son entrée sur la scène locale date de 2018, lorsqu’elle remporte un siège au comté de Miami-Dade, dans un district conservateur à majorité hispanophone. Surnommée « La Gringa », elle choisit d’assumer ce nom pour incarner son intégration dans un territoire majoritairement cubano-américain.
Réélue en 2023, elle quitte son mandat pour briguer la mairie, misant sur son image de gestionnaire rigoureuse et sur une proximité de terrain remarquée.
Miami était depuis longtemps une forteresse républicaine, dominée par une diaspora cubano-américaine très mobilisée. Donald Trump y avait devancé Kamala Harris en 2024, et son influence en Floride restait forte, notamment depuis sa résidence de Mar-a-Lago.
La victoire d’Higgins s’inscrit cependant dans une série de succès démocrates enregistrés ces derniers mois : Virginie, New Jersey, New York… autant de signaux encourageants pour le parti avant les élections de mi-mandat de 2026, où la Chambre et un tiers du Sénat seront renouvelés.
Logement et immigration au cœur de sa campagne
La flambée des prix du logement a été l’un des enjeux centraux de cette élection. Higgins a défendu la construction de logements abordables et promis de réduire les dépenses considérées comme inutiles dans une ville en pleine crise immobilière.
Elle s’est aussi distinguée par des positions très fermes sur l’immigration, en dénonçant les pratiques « inhumaines » du Service fédéral ICE et le nouveau centre de détention pour migrants, le « Alligator Alcatraz », récemment critiqué par Amnesty International. L’élue affirme vouloir rétablir une « gouvernance humaine et respectueuse ».