Ankara va déployer l’un de ses navires de forage pétrolier au large des côtes somaliennes à partir du mois de février, a annoncé le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar.
La Somalie cherche depuis plusieurs années à développer son potentiel en hydrocarbures afin de réduire sa dépendance à l’aide internationale. L’annonce turque confirme l’accélération de ce partenariat énergétique, dans un contexte géopolitique et sécuritaire sensible dans la Corne de l’Afrique.En déplacement en Turquie à la fin du mois de décembre, le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a salué les retombées attendues de cette coopération.
« Le pétrole somalien reconstruira le pays, changera l’économie et les moyens de subsistance de notre peuple, et profitera également à l’économie turque et à la position diplomatique internationale de la Turquie », a-t-il déclaré à la presse.
En 2024, la Turquie et la Somalie avaient signé un double accord de défense et d’exploitation pétrolière. Cet accord prévoit notamment un engagement d’Ankara à protéger les eaux territoriales et les côtes somaliennes, un enjeu majeur face aux défis sécuritaires régionaux et aux tensions liées aux velléités indépendantistes du Somaliland.
30 à 40 milliards de barils attendus
Selon des estimations américaines fondées sur des données sismiques et des projections géologiques, les réserves potentielles de pétrole en Somalie pourraient atteindre entre 30 et 40 milliards de barils. Seuls des forages permettront toutefois de confirmer ces chiffres.
Avec l’arrivée annoncée des navires de forage turcs, Mogadiscio espère ainsi franchir un cap décisif dans la valorisation de son sous-sol et consolider son partenariat stratégique avec Ankara.
Pour la Somalie, dont près de 60 % du budget national dépend encore de l’aide extérieure, l’exploitation des ressources pétrolières représente un levier économique crucial. Le développement du secteur des hydrocarbures pourrait transformer durablement l’économie du pays.