Alors que les manifestations antigouvernementales en Iran entrent dans leur troisième semaine, Téhéran a lancé des avertissements sans précédent à l’attention des États‑Unis et d’Israël. Les craintes d’une escalade régionale sont plus fortes que jamais.
Les autorités iraniennes ont déclaré qu’elles riposteraient à toute attaque américaine, et ont même averti que les forces américaines et israéliennes seraient des « cibles légitimes » en cas d’intervention militaire étrangère. Cette mise en garde a été formulée par Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement iranien, après que le président américain Donald Trump a menacé d’intervenir pour protéger les manifestants et condamné la répression.
Israël, de son côté, a été placé en « état d’alerte maximale » face à la possibilité d’une action américaine en Iran, même si aucune décision concrète d’intervention n’a été encore prise.
Les manifestations, déclenchées fin décembre par une crise économique et la chute du rial, se sont transformées en un mouvement plus large contre le régime iranien. Selon des ONG de défense des droits humains, le bilan des protestations dépasse désormais 500 morts et des milliers d’arrestations ont été effectuées à travers tout le pays.
Les autorités ont limité l’accès à Internet et aux télécommunications, ce qui rend la situation encore plus difficile à vérifier en temps réel pour les observateurs internationaux.
Le spectre d’une escalade régionale
La menace iranienne est la conséquence d’un climat déjà tendu au Moyen‑Orient, avec des relations très dégradées entre Téhéran, Washington et Tel‑Aviv. Le président américain a affirmé que les États‑Unis étaient « prêts à aider » les manifestants, évoquant potentiellement des mesures allant du soutien diplomatique à des options plus directes.
De leur côté, les responsables iraniens accusent Washington et Israël de soutenir et d’attiser les troubles, affirmant que cette ingérence pourrait justifier une réponse plus ferme de Téhéran.
Pour l’instant, aucune intervention militaire directe n’a été engagée, mais les avertissements croisés et les tensions persistantes font craindre une escalade de la crise, qui pourrait dépasser les frontières iraniennes si un incident armé venait à se produire.