La démolition partielle du bidonville de Makoko à Lagos a laissé des milliers de résidents sans abri. Les habitants, dépourvus d’avertissement et de relogement, expriment leur colère face à cette décision des autorités.
La démolition partielle du quartier de Makoko à Lagos, un bidonville emblématique construit sur pilotis, a laissé des milliers de familles sans toit. Le gouvernement de l’État de Lagos a justifié cette action par des préoccupations de sécurité, d’urbanisme et de risques environnementaux.
Cependant, les résidents, qui dépendent principalement de la pêche et du commerce de proximité, dénoncent le manque d’avertissement et d’accompagnement dans cette démarche.Les bulldozers ont rasé maisons en bois et commerces installés le long de la lagune, sans préavis.
Beaucoup de familles se retrouvent sans solution de relogement et n’ont pas reçu d’aide pour reconstruire leurs vies. « Nous n’avons nulle part où aller. Quand la pluie reviendra, où dormirons-nous ? », s’inquiètent les habitants, visiblement traumatisés par cette expulsion forcée.
Les autorités municipales évoquent des problèmes d’urbanisation et de sécurité, notamment en raison des risques de pollution et d’inondation dans cette zone vulnérable. Mais pour les habitants de Makoko, ces arguments sont loin de justifier la brutalité de l’opération, qui a laissé une communauté entière dans la précarité.
« Ma femme vient d’accoucher de jumeaux, et nous dormons ici, dans des conditions extrêmement difficiles. Beaucoup de nos biens ont été détruits et nous n’avons aucune aide », raconte un résident. Les familles touchées font face à un manque d’infrastructures, de soutien gouvernemental et à un avenir incertain.
Ce drame met en lumière les défis d’urbanisation auxquels Lagos, le plus petit mais aussi le plus densément peuplé des États nigérians, est confronté.