Des vidéos diffusées sur les réseaux ukrainiens révèlent l’engagement de milliers de mercenaires africains dans les rangs de l’armée russe, envoyés en première ligne dans les zones les plus dangereuses du conflit. Souvent qualifiés de « jetables », ces recrues sont placées dans des unités à haut risque, avec un taux de mortalité élevé.
Derrière ces images se cache une réalité plus complexe : un système de recrutement cynique visant à manipuler l’opinion publique tout en renforçant l’influence de la Russie en Afrique
Ces derniers mois, les vidéos diffusées sur les réseaux ukrainiens ont révélé un aspect peu connu du conflit en Ukraine : l’implication de mercenaires africains dans les rangs de l’armée russe. Ces images, souvent dramatiques, montrent des soldats noirs en treillis, parfois pris pour cibles par des drones ou exprimant leur désir de retour dans leur pays d’origine.
Ces témoignages, et plus encore, font partie d’une stratégie plus large visant à dénoncer les pratiques russes en Afrique et à exposer les risques encourus par ces recrues.
L’Ukraine, via ses réseaux de renseignement et ses médias, a fait circuler ces images pour deux raisons principales. D’abord, elles visent à exposer l’utilisation de mercenaires dans l’armée russe. Ces recrues, souvent issues de pays d’Afrique, sont souvent décrites comme des instruments jetables dans la guerre en Ukraine.
Mais au-delà de la simple dénonciation, cette tactique sert un objectif stratégique plus large : contrer le narratif russe qui cherche à se positionner comme le protecteur des nations africaines, prônant une aide face au néocolonialisme occidental.
Entre 3000 et 4000 recrus
Selon des informations provenant des autorités ukrainiennes, entre 3 000 et 4 000 Africains seraient actuellement impliqués dans les combats aux côtés de la Russie. Ces chiffres n’ont cependant pas été confirmés de manière indépendante, mais ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de recrutement, qui ne se limite pas aux soldats africains.
L’implication de mercenaires africains dans ce conflit soulève une question éthique majeure : les recrues ont-elles été enrôlées en toute connaissance de cause, ou bien sont-elles victimes d’un système d’exploitation mis en place par la Russie ? Le groupe Wagner, principal acteur de cette dynamique, est connu pour son recrutement dans des pays à faible développement, où les promesses de gains financiers attirent de nombreux jeunes hommes à la recherche d’une issue.
Le manque de transparence sur les modalités de ce recrutement, couplé à l’absence de droits fondamentaux pour ces recrues, soulève de plus en plus de préoccupations au sein de la communauté internationale.
Des ONG et des experts appellent à une enquête plus approfondie sur les conditions de travail et les pratiques de recrutement des mercenaires, afin de mieux comprendre l’ampleur et la nature de cet engagement.Dans ce contexte, le rôle de l’Afrique dans la guerre en Ukraine et les enjeux géopolitiques qui y sont liés restent un terrain de lutte essentiel, à la fois pour la Russie, l’Ukraine et les pays africains eux-mêmes.