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Cameroun : Un emprunt de 1 650 milliards de francs CFA pour financer les projets de 2026

Le président camerounais Paul Biya a autorisé un emprunt de 1 650 milliards de francs CFA, soit près de 2,5 milliards d’euros, pour couvrir une partie du budget 2026.

Le Cameroun a décidé de recourir à un emprunt massif pour financer son budget 2026. Par un décret présidentiel diffusé cette semaine, le président Paul Biya a demandé à son ministre des Finances de lever 1 650 milliards de francs CFA, soit environ 2,5 milliards d’euros, sur les marchés financiers intérieurs et extérieurs.

Le ministère des Finances assure que cette démarche fait partie de la mise en œuvre de la loi de finances 2026 votée par le Parlement camerounais. Selon des responsables internes, il ne s’agit que d’une mesure « efficace » pour réaliser les investissements nécessaires au développement du pays.

Cet emprunt doit permettre de financer divers projets de développement, mais aussi de régler certaines dettes en souffrance. En effet, 2025 a été une année particulièrement difficile pour l’économie camerounaise. La crise politique post-électorale a freiné l’activité économique, avec une baisse significative des recettes fiscales et des dépenses accrues, notamment dans le secteur de la sécurité.

L’État souhaite donc apurer rapidement ses arriérés de paiement, afin de soutenir les entreprises et relancer l’activité économique. Le gouvernement doit également honorer une dette de 78 milliards de francs CFA envers le fonds britannique Actis pour renationaliser Eneo, l’opérateur principal du secteur de l’électricité.

Des réserves …

Eugène Nyambal, ancien représentant des pays africains au conseil d’administration du FMI, critique cette approche. Selon lui, l’économie camerounaise semble toujours fonctionner « sous perfusion », en dépendant largement de la dette extérieure et de l’aide internationale.

Il regrette l’absence de documents détaillant les projets prioritaires à financer avec cet emprunt.« Près de 35 % du budget provient de la dette. C’est une situation dangereuse », souligne-t-il. Il ajoute que l’utilisation de ces ressources n’est pas suffisamment claire. « Nous avons besoin de savoir quels sont les projets en cours et comment ils vont générer de la richesse pour rembourser cette dette à l’avenir. »

Pour l’heure, l’objectif du gouvernement est de stabiliser l’économie après des années d’incertitudes et de réformes. L’endettement, bien qu’un outil classique dans la gestion des finances publiques, est perçu par certains analystes comme une solution à court terme.

À long terme, des investissements productifs doivent accompagner cette stratégie pour garantir la pérennité de la croissance économique.

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