Les procureurs britanniques ont ouvert mardi devant la Cour royale de Southwark le procès de Diezani Alison-Madueke, ancienne ministre nigériane du Pétrole et première femme à avoir présidé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Âgée de 65 ans, elle est accusée d’avoir financé un train de vie luxueux grâce à des pots-de-vin perçus entre 2011 et 2015.
Selon l’accusation, Diezani Alison-Madueke aurait profité de sa position stratégique au sein du gouvernement nigérian, sous la présidence de Goodluck Jonathan, pour recevoir d’importants avantages financiers et matériels de la part d’acteurs cherchant à décrocher des contrats pétroliers et gaziers lucratifs avec la compagnie nationale, la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC).
L’accusation affirme que des individus liés aux groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical auraient versé à l’ancienne ministre des paiements en espèces et offert divers cadeaux en échange de contrats attribués par la NNPC ou ses filiales.
Parmi les avantages évoqués figurent 100 000 livres sterling en liquide, des véhicules avec chauffeur, des vols en jet privé vers le Nigeria, ainsi que le financement de travaux de rénovation et de frais de personnel dans plusieurs propriétés londoniennes.
Procédures internationales
Présidente de l’OPEP entre 2014 et 2015, Diezani Alison-Madueke est depuis plusieurs années au centre de nombreuses procédures judiciaires à l’international, notamment aux États-Unis. Au Nigeria, plusieurs de ses biens, évalués à plusieurs millions de dollars, ont été saisis en 2017.
La Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC) a confirmé que plusieurs dossiers la concernant restaient ouverts.
Arrêtée une première fois à Londres en octobre 2015, l’ancienne ministre comparaît aujourd’hui libre sous caution. Elle rejette l’ensemble des accusations portées contre elle. La juge Justine Thornton a indiqué que le procès devrait s’achever d’ici le 24 avril.