La crise du logement en France continue de s’aggraver. Selon le 31ᵉ rapport annuel de la Fondation pour le logement, publié mardi 3 février, 350 000 personnes sont aujourd’hui sans domicile, soit 50 000 de plus qu’il y a cinq ans. Mais le chiffre réel dépasse largement ce nombre : plus de 600 000 Français vivent hébergés chez des proches, dans une grande précarité.
Ces personnes disposent d’un toit mais ne se sentent pas chez elles, souligne Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement. « Parfois, ce n’est même pas avoir une clé à soi », explique-t-il, évoquant les situations où l’on « laisse un canapé mais pas la clé ».
Pour ces personnes, l’hébergement est souvent conditionné à des services rendus, à un loyer symbolique ou, dans des cas extrêmes, à des contreparties sexuelles, une réalité invisible mais préoccupante. Ces situations n’ouvrent jamais de droit prioritaire à un logement social.
La solution, produire plus de logements
Pour la Fondation pour le logement, la réponse doit être structurelle. Manuel Domergue insiste sur la nécessité de lutter contre la pénurie de logements et de produire des logements accessibles, notamment des petits logements à loyers modestes pour les personnes isolées.
La Fondation se dit toutefois satisfaite du plan du gouvernement visant la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, en soulignant que ces logements doivent être situés dans les zones de forte demande.