Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national a repris mardi devant la cour d’appel. Le parquet général a requis une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d’inéligibilité.
L’exécution immédiate des peines n’a pas été demandée.Selon le ministère public, Marine Le Pen aurait été l’instigatrice d’un système de détournement de fonds d’1,4 million d’euros, mis en place initialement par son père, Jean-Marie Le Pen, et professionnalisé à partir de 2012, après son arrivée à la tête du parti.
Les eurodéputés du Front national auraient ainsi payé leurs assistants avec des fonds européens alors qu’ils travaillaient pour le parti.Marine Le Pen, dès l’ouverture du procès, a contesté toute intention criminelle et invoqué sa bonne foi. Les plaidoiries de la défense sont attendues jusqu’au 11 février. La décision de la cour d’appel, qui pourrait confirmer, réduire ou modifier les peines, est attendue d’ici l’été.
Les avocats généraux ont également requis la confirmation de l’amende de 100 000 euros infligée à Marine Le Pen en première instance. Pour les autres prévenus, dont onze personnes et le RN en tant que personne morale, le parquet a demandé la confirmation des peines prononcées précédemment, allant de six mois avec sursis à trois ans de prison, dont deux avec sursis.
Le débat sur l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité reste crucial : seule une peine inférieure à deux ans permettrait à Marine Le Pen de conserver un avenir politique avant la présidentielle de 2027.