Le journaliste malien Youssouf Sissoko a été conduit à la maison centrale d’arrêt de Bamako. Il est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État », « offense à un chef d’État étranger » et « diffusion de fausses informations », après la publication d’un article critique sur le président nigérien Abdourahamane Tiani.
Selon plusieurs membres de son entourage et des organisations maliennes de journalistes, Youssouf Sissoko fait face à ces accusations dans le cadre d’une procédure ouverte par le pôle judiciaire anti-cybercriminalité. Contacté par RFI, le procureur à l’origine de l’affaire n’a pas donné suite.
L’article incriminé, publié initialement sur les réseaux sociaux puis repris par le journal L’Alternance, revenait sur les propos du président nigérien après l’attaque de l’aéroport de Niamey, revendiquée par l’État islamique au Sahel.
Le texte, signé par l’analyste politique Sambou Sissoko, vivant en exil et opposé aux régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES), remettait en question la véracité des accusations du général Tiani, estimant que « soit ses services de renseignement sont d’une incompétence abyssale, soit il ment délibérément ».
Le procès de Youssouf Sissoko a été fixé au 9 mars. Plusieurs organisations maliennes de presse se disent mobilisées pour suivre l’affaire, mais n’ont pas souhaité commenter publiquement à ce stade.
Répression
Depuis le début de la transition militaire au Mali, il y a plus de cinq ans, plusieurs journalistes ont été arrêtés ou condamnés pour des publications jugées dérangeantes. De nombreux médias nationaux ont été suspendus, tandis que ceux restés dans le pays pratiquent largement l’auto-censure.
Plusieurs médias internationaux, dont RFI, France 24, TV5 Monde et plus récemment Jeune Afrique, sont interdits de diffusion. Les personnalités politiques et militants de la société civile émettant des critiques font face à la même répression.