Le navire de forage turc Cagri Bey a quitté les côtes de Turquie le 15 février 2026 pour rejoindre les eaux somaliennes. Escorté par trois navires de guerre, il doit bientôt commencer l’exploration pétrolière au large de la Somalie,dans le cadre de l’accord pétrolier signé entre les deux pays en mars 2024.
Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a qualifié cette opération de « moment historique ». Le Cagri Bey explorera trois blocs offshore dès avril 2026, avec un objectif de production de 500 000 barils par jour d’ici 2028.Pour la Somalie, encore en reconstruction après des décennies de conflits, cet accord représente à la fois une opportunité économique et un défi stratégique.
Selon Mohamed Malin, chercheur à la London School of Economics : « Tout accord international, surtout dans le secteur du pétrole, devrait contribuer à la reconstruction du pays. ».
Or, l’accord intergouvernemental attribue jusqu’à 90 % de la production pétrolière annuelle à la Turquie pour couvrir ses coûts, avec des exemptions fiscales et une redevance plafonnée à 5 % pour l’État somalien.
Cette répartition a suscité des critiques, certains experts estimant que la Somalie pourrait tirer peu de bénéfices immédiats malgré ses réserves estimées à 30 milliards de barils.
L’exploration offshore au large de la Somalie pourrait transformer la situation énergétique de la région. Toutefois, l’équilibre entre exploitation des ressources et souveraineté nationale reste un enjeu, tant pour Mogadiscio que pour Ankara.