Quelques jours après avoir marqué le 15e anniversaire du renversement de Mouammar Kadhafi, les Libyens abordent le ramadan dans un climat économique tendu. À Tripoli, les feux d’artifice du 17 février ont laissé place aux préoccupations du quotidien : flambée des prix, pénuries et dévaluation du dinar.
Malgré d’importantes ressources pétrolières et gazières, le pays fait face à des difficultés persistantes. « La situation économique se détériore, avec la hausse du dollar et une forte spéculation. Cela affecte lourdement la vie des citoyens », explique un habitant de la capitale.
Dans plusieurs supermarchés, certains produits sont rationnés. Les distributeurs automatiques manquent de liquidités et les prix s’envolent : l’huile de cuisson a doublé, tandis que la viande et la volaille ont augmenté d’environ 50 %.
Le mois dernier, la Banque centrale basée dans l’ouest du pays a procédé à une nouvelle dévaluation du dinar d’environ 15 %, la deuxième en moins d’un an. L’absence d’un budget national unifié, conséquence des divisions politiques persistantes, accentue encore les difficultés économiques.
Quinze ans après le soulèvement de 2011, la Libye peine à retrouver une stabilité durable. En ce mois sacré, pour de nombreux citoyens, les incertitudes économiques l’emportent sur l’esprit de célébration.