Des parlementaires américains accusent le Nigeria de persécuter les chrétiens et pointent du doigt milices locales et lois islamiques dans le nord du pays. Le rapport remet la pression diplomatique de Washington sur Abuja
Le 24 février 2026, des parlementaires américains ont présenté à la Maison-Blanche un rapport dénonçant des atteintes à la liberté religieuse au Nigeria, notamment contre les chrétiens. Porté par des élus de la droite chrétienne, le document recommande des sanctions ciblées contre certains individus et groupes accusés de violences et de restrictions religieuses.
Selon le rapport, les chrétiens constitueraient les principales victimes des affrontements communautaires provoqués par les groupes armés.
Le rapport identifie en particulier les « milices peules » comme responsables de nombreuses violences et appelle à leur désarmement et réhabilitation. Les parlementaires mettent également en cause des acteurs chinois accusés de financer certains groupes armés afin de faciliter l’exploitation illégale de ressources minières dans le nord-ouest du pays.
Un représentant du département du Trésor américain se trouve actuellement au Nigeria pour discuter de la lutte contre le financement du terrorisme.
Abroger la charia ?
Les élus américains recommandent en outre l’abrogation de la loi islamique dans plusieurs États du nord à majorité musulmane, estimant que certaines lois sur le blasphème sont utilisées pour « faire taire et viser les minorités chrétiennes ».
Si le rapport attire l’attention internationale, il est également critiqué par plusieurs observateurs qui jugent les accusations de « persécutions systématiques » exagérées, rappelant la complexité des violences au Nigeria où rivalités foncières, conflits communautaires et actions de groupes jihadistes s’entremêlent.