Le Zimbabwe, qui détient environ 10 % du marché mondial du lithium, a pris cette semaine une décision radicale : l’interdiction de l’exportation de concentré de lithium, un composant des batteries électriques. Cette mesure provoque une forte réaction des prix sur les marchés internationaux.
Initialement prévue pour 2027, l’interdiction d’exporter du lithium brut a été avancée, obligeant les sociétés minières à accélérer leurs investissements dans des unités de transformation locales. Deux entreprises chinoises, Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt, ont déjà lancé la construction de raffineries de sulfate de lithium, mais d’autres opérateurs ne sont pas encore prêts.
L’objectif des autorités zimbabwéennes est de transformer localement le concentré en sulfate de lithium, vendu environ trois fois plus cher que le lithium brut.
Cette décision pourrait entraîner une hausse durable des cours. Le Zimbabwe figure parmi les cinq principaux producteurs mondiaux et fournit une part importante de concentré à la Chine, qui le transforme ensuite en hydroxyde ou carbonate de lithium pour les batteries.
Selon l’Institut Mysteel, les stocks des raffineries chinoises pourraient durer jusqu’en avril, avant que l’offre réduite n’exerce une pression supplémentaire sur les prix.
La ruée mondiale vers le lithium
Le marché mondial du lithium est déjà tendu depuis novembre 2025, avec une demande accrue liée à la construction de batteries et au développement des infrastructures de stockage d’énergie. La technologie lithium-fer-phosphate (LFP) gagne en popularité dans le secteur des batteries de puissance.Les arrêts de production dans certaines mines chinoises, notamment dans le Jiangxi, ont également contribué à cette tension.
Selon Mysteel, l’équilibre entre l’offre et la demande pourrait rester fragile jusqu’en 2028.Les arrêts de production dans certaines mines chinoises, notamment dans le Jiangxi, ont également contribué à cette tension. Selon Mysteel, l’équilibre entre l’offre et la demande pourrait rester fragile jusqu’en 2028