La flambée des prix du pétrole, qui ont dépassé les 100 dollars le baril lundi 9 mars au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient, pourrait avoir des conséquences importantes pour les économies africaines. L’économiste bissau-guinéen Carlos Lopes alerte sur un risque de choc économique pour l’Afrique
Pour l’économiste, la hausse des cours du pétrole devrait d’abord renchérir les importations d’énergie pour de nombreux pays africains, fortement dépendants des produits pétroliers. La désorganisation des circuits de transport et de raffinage dans les pays du Golfe pourrait aussi provoquer des perturbations logistiques et entraîner une hausse des prix à la pompe. Plusieurs secteurs pourraient être touchés.
Certaines exportations africaines, comme l’or ou des minerais envoyés dans les pays du Golfe pour raffinage, pourraient être perturbées par les difficultés du transport aérien et maritime. L’agriculture risque également d’être affectée, une partie des fertilisants utilisés en Afrique provenant de cette région.
Selon Carlos Lopes, ces tensions pourraient accentuer l’inflation et fragiliser davantage les monnaies africaines. Même les pays producteurs de pétrole pourraient voir les bénéfices de la hausse des prix limités par les perturbations logistiques et économiques liées au conflit.
Face à ces risques, la crise pourrait aussi pousser certains États africains à accélérer leurs efforts pour renforcer leur autonomie énergétique et économique.