Trois ans après la vente de Chelsea FC, les 2,5 milliards de livres sterling issus de la transaction restent gelés au Royaume-Uni. À quelques jours d’une échéance fixée au 17 mars, le gouvernement britannique accentue la pression sur Abramovich, et menace de confisquer les fonds.
Le club londonien avait été vendu en 2022 à un consortium dirigé par l’homme d’affaires américain Todd Boehly, dans le cadre de sanctions occidentales contre des oligarques russes après l’invasion de l’Ukraine. Depuis lors, les recettes de la vente,environ 2,5 milliards de livres sterling,sont immobilisées sur un compte bancaire britannique.
Londres souhaite que cet argent soit exclusivement consacré à l’aide humanitaire en Ukraine.Mais les avocats d’Abramovich soutiennent que ces fonds restent juridiquement la propriété de Fordstam Ltd, la société par laquelle le milliardaire finançait Chelsea durant ses années à la tête du club.
Le litige repose en grande partie sur l’interprétation des engagements pris par Abramovich au moment de la vente. En mars 2022, Abramovitch avait annoncé que le produit de la transaction serait utilisé « au profit de toutes les victimes de la guerre en Ukraine ».
Cette formulation inquiète les autorités britanniques, qui redoutent que l’argent puisse être utilisé pour aider également des victimes russes du conflit. Le gouvernement insiste pour que les fonds soient exclusivement destinés aux Ukrainiens touchés par la guerre.
Le cabinet d’avocats Kobre & Kim, représentant Abramovich, affirme toutefois que le milliardaire reste déterminé à utiliser l’intégralité de ces fonds à des fins caritatives. Selon ses représentants, les restrictions imposées par Londres s’apparentent à une tentative de sanction supplémentaire.
Une bataille judiciaire ?
Face à l’impasse qui dure depuis trois ans, les autorités britanniques durcissent leur position. La ministre de l’Intérieur Yvette Cooper a récemment déclaré que ces milliards avaient été promis à l’Ukraine depuis trop longtemps. Le Premier ministre Keir Starmer a lui aussi averti que le temps pressait pour parvenir à un accord, évoquant la possibilité d’une procédure officielle de confiscation si aucune solution n’est trouvée.
De son côté, Abramovich ne montre aucun signe de recul. Ses représentants accusent le gouvernement britannique de faire des déclarations « politiquement chargées » afin d’exercer une pression publique sur l’oligarque.
Si Londres décide effectivement de saisir les fonds, les avocats de l’ancien propriétaire de Chelsea ont déjà prévenu qu’ils contesteraient la décision devant les tribunaux. Une telle bataille judiciaire pourrait retarder encore l’utilisation de ces milliards destinés à l’aide humanitaire liée à la guerre en Ukraine.