Les tensions diplomatiques entre le Niger et l’Union européenne connaissent un nouvel épisode. Jeudi, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué à Niamey la chargée d’affaires de la délégation de l’Union européenne afin de lui remettre une lettre officielle de protestation.
Cette démarche intervient après l’adoption par le Parlement européen d’une résolution demandant la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum et de son épouse. Le couple est détenu à la résidence présidentielle de Niamey depuis le coup d’État au Niger de 2023, survenu le 26 juillet 2023.
Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, les relations entre Niamey et Bruxelles se sont fortement dégradées. La convocation de la diplomate européenne intervient dans un contexte particulier : il n’y a plus d’ambassadeur de l’Union européenne au Niger depuis environ un an et demi. Les autorités nigériennes avaient demandé son remplacement, l’accusant notamment de mauvaise gestion d’un fonds humanitaire.
Une première résolution, votée en novembre 2023, appelait déjà à la libération de Mohamed Bazoum, ce qui avait été vivement critiqué par les autorités de transition nigériennes. Fin 2023, Niamey a dénoncé plusieurs accords de coopération avec l’Union européenne, mettant notamment fin à deux missions liées à la défense et à la sécurité dans le pays.
Les autorités nigériennes ont par ailleurs affirmé avoir saisi une importante quantité d’armes dans les locaux de la mission européenne EUCAP Sahel. Dans le même temps, le gouvernement a abrogé la loi de 2015 criminalisant le trafic de migrants, marquant la fin de la coopération avec l’Europe sur la gestion des frontières.
Malgré ce climat tendu, l’Union européenne affirme vouloir relancer le dialogue avec le Niger. Fin janvier, le représentant spécial de l’UE pour le Sahel, João Cravinho, a été reçu par le Premier ministre nigérien à Niamey.À cette occasion, il avait évoqué la nécessité de renforcer les échanges entre Bruxelles et les pays du Sahel afin de reconstruire les bases d’une coopération dans la région.