Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et ancien soldat des forces spéciales, a démissionné de l’administration Trump pour dénoncer la guerre en Iran. Dans une lettre publique, il accuse des « campagnes de désinformation » ayant poussé les États-Unis au conflit.
Une première secousse politique frappe l’administration de Donald Trump. Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et ancien soldat des forces spéciales, a annoncé sa démission, dénonçant la guerre américaine en Iran.« Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran », écrit-il dans sa lettre adressée au président Trump, qu’il a partagée sur X.
Selon lui, « l’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».Joseph Kent occupait le poste de conseiller principal du président en matière de contre-terrorisme depuis sa nomination par Donald Trump. Son parcours est marqué par un engagement personnel : il s’était rapproché du président après le décès de sa première épouse, Shannon Kent, cryptologue de la Marine tuée en 2019 lors d’un attentat-suicide en Syrie.
Cette rupture publique avec la ligne de l’administration Trump a été immédiatement relevée par les démocrates. Le sénateur Mark Warner, membre principal de la commission du renseignement, a salué le courage de Kent : « Sur ce point, il a raison. Il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran qui justifiait de précipiter les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient. »
En février, Donald Trump avait justifié des frappes américaines et israéliennes par la nécessité d’éliminer des « menaces imminentes » provenant de Téhéran. Quelques jours plus tard, son discours s’était assoupli, évoquant une « dernière et meilleure occasion » de frapper l’Iran, laissant planer le flou sur les véritables motivations de l’action américaine.