L’ancien président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila signe un retour politique remarqué. Dans une série d’entretiens accordés à la presse, dont un publié par La Libre Belgique, il s’attaque frontalement au pouvoir en place et appelle à un changement radical du système dirigé par Félix Tshisekedi.
Plusieurs mois après sa dernière prise de parole, en octobre, au lendemain de sa condamnation à mort par la justice congolaise, Joseph Kabila hausse le ton. Il dénonce une gouvernance qu’il juge défaillante et accuse son successeur d’entraîner le pays dans une impasse politique et sécuritaire.
Dans son entretien, l’ancien chef de l’État insiste sur la nécessité d’un dialogue national pour sortir de la crise. Il met en garde contre une possible « soudanisation » du pays, estimant que seule la négociation peut éviter une fragmentation de la RDC.
Il revient également sur les accords passés, notamment celui du 23 mars signé avec le Congrès national pour la défense du peuple, à l’origine du nom du Mouvement du 23 mars. Selon lui, ces processus avaient permis de préserver l’unité du pays à une période critique.
Tshisekedi dans le viseur
Joseph Kabila se montre particulièrement sévère envers les initiatives diplomatiques actuelles. Il critique les négociations menées à Doha et à Washington et en attribue la responsabilité à Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « va-t-en-guerre ».Évoquant la frappe de drone du 11 mars ayant coûté la vie à une humanitaire française, il affirme avoir été régulièrement ciblé par le pouvoir, tout en appelant à attendre les conclusions des enquêtes en cours.
Au cœur de ses critiques, Joseph Kabila dénonce une crise de gouvernance et un non-respect de la Constitution. Il affirme que celle-ci est « foulée aux pieds » et dit s’opposer à toute tentative de modification.
Mais au-delà de ce constat, l’ancien président affiche clairement ses ambitions : il appelle à « mettre fin au régime Tshisekedi » et à transformer en profondeur le système politique congolais. Il évoque la nécessité de « balayer » la classe dirigeante actuelle et dénonce une dérive qu’il assimile à une forme de dictature