Les familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989 ont dénoncé mercredi 1er avril les rencontres secrètes de collaborateurs de Nicolas Sarkozy avec le régime de Mouammar Kadhafi. Elles reprochent à l’ancien président d’avoir sacrifié la mémoire des victimes au profit de ses ambitions politiques
Au procès en appel de l’affaire libyenne, les familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989 ont exprimé mercredi 1er avril leur colère envers Nicolas Sarkozy et ses co-prévenus.Onze femmes et un homme se sont succédé à la barre, portant le poids de 36 ans de deuil. Ils dénoncent les rencontres secrètes en 2005 entre des collaborateurs de l’ancien président, Claude Guéant et Brice Hortefeux, et Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi et organisateur de l’attentat.
« Le désert du Ténéré est imbibé du sang de 170 personnes… Le devoir de mémoire a été sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles », a déclaré Maryvone Raveneau, veuve d’un pilote du vol UTA 772.Les « filles du DC-10 », nom de leur association, ont également critiqué le « déluge médiatique » autour de Nicolas Sarkozy après sa condamnation en première instance pour financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. « La perpétuité, c’est nous qui la subissons », a martelé Françoise, soulignant qu’aucune réparation n’avait été faite pour les victimes.
Maryvone Raveneau a rappelé qu’elle avait voté pour Sarkozy en 2007 et exprimé sa déception face aux manœuvres libyennes. L’ancien président, assis à la barre, a pris des notes et continue de nier toute connaissance de ces rencontres.