Une attaque armée à Jos a fait des dizaines de morts et déclenché des émeutes, exposant les fractures ethniques et religieuses persistantes dans l’État du Plateau. Le président Bola Tinubu se rend sur place pour tenter d’apaiser la situation
La ville de Jos, dans le centre du Nigeria, replonge dans la violence. Une attaque armée survenue le week-end dernier dans un bar de Jos Nord a fait une trentaine de morts, déclenchant une vague d’émeutes et ravivant des tensions anciennes. Mercredi, des foules en colère ont envahi les rues, incendiant des véhicules et affrontant les forces de sécurité.
Des tirs ont été signalés et plusieurs civils blessés, tandis que certains quartiers sombraient dans le chaos. Le bilan exact reste incertain, signe d’une situation encore confuse et volatile.Sur place, la peur s’est rapidement propagée.
Des habitants décrivent des scènes de panique, marquées par des appels à l’aide, des déplacements précipités et, dans certains cas, des actes de représailles violentes, y compris des lynchages. L’université de Jos a même ordonné l’évacuation de ses résidences étudiantes, preuve de la gravité de la crise.
Un terreau de tensions multiples
Ces violences ne sont pas un phénomène isolé. L’État du Plateau est depuis des années le théâtre de conflits récurrents opposant agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades, principalement autour de l’accès aux terres et aux ressources. Ces rivalités économiques se doublent souvent de fractures ethniques et religieuses.
Jos, ville historiquement mixte, se situe à la frontière entre le nord majoritairement musulman et le sud à dominante chrétienne du pays. Cette position en fait un point de friction régulier, où des incidents locaux peuvent rapidement dégénérer en violences communautaires.