Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulence politique. Le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko, son ancien mentor devenu Premier ministre, avant de nommer Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo pour lui succéder.
Une décision qui signe une reprise en main de l’exécutif.Dans le même temps, l’avenir politique d’Ousmane Sonko se déplace vers l’Assemblée nationale. Élu député lors des législatives de novembre 2025 alors qu’il dirigeait déjà le gouvernement, son statut fait aujourd’hui l’objet d’un vif débat juridique.
Selon certains constitutionnalistes, cette situation d’incompatibilité aurait entraîné la perte automatique de son mandat parlementaire. À l’inverse, le camp du Pastef assure qu’il a bien demandé la suspension de ce mandat, ce qui lui permettrait de le récupérer.
L’enjeu est crucial à court terme. Le 26 mai, les députés doivent élire le président de l’Assemblée nationale. Avec 130 sièges sur 165, le Pastef dispose d’une majorité écrasante, et une éventuelle candidature de Sonko au perchoir semble acquise… à condition que son mandat soit validé.
En cas de blocage juridique, le scénario pourrait se compliquer.À la tête du Parlement, Ousmane Sonko disposerait d’un levier institutionnel majeur : piloter l’agenda législatif, influencer les réformes et, si nécessaire, peser sur l’action du gouvernement et du président.
De son côté, le nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo a tenté de rassurer en évoquant un « changement de méthode » plutôt qu’un changement de cap, affirmant sa volonté de rester fidèle au projet politique porté par le Pastef. Reste à savoir quelle sera la composition du futur gouvernement et la place qu’y occuperont les figures du parti.