La dégradation des tensions dans le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial, bouleverse les équilibres du marché énergétique.Le Brésil apparaît comme une alternative crédible aux producteurs du Golfe, tirant parti de sa production offshore, éloignée des routes maritimes à risque.
Neuvième producteur mondial, le pays exporte environ 4 millions de barils par jour et voit ses ventes bondir, notamment vers la Chine et l’Inde. Le pétrole brésilien, léger et peu sulfuré, séduit des acheteurs en quête de brut plus facile à raffiner. Résultat : les exportations vers Pékin ont fortement augmenté, consolidant le rôle du géant sud-américain sur le marché.
Mais cette dynamique reste fragile. Le pays fait face à des limites structurelles, notamment des capacités de raffinage insuffisantes et des délais longs pour augmenter la production. « Dans le pétrole, tout investissement met des années à produire ses effets », rappellent les experts.
Sur le plan politique, le président Luiz Inácio Lula da Silva avance sur une ligne de crête : soutenir l’expansion pétrolière tout en affichant des ambitions climatiques. Un équilibre délicat, révélateur des contradictions d’un pays à la fois puissance énergétique émergente et acteur engagé de la transition écologique.
À plus long terme, le Brésil devra aussi composer avec une concurrence croissante (Guyana, Angola, Canada) et un marché mondial de plus en plus fragmenté. La crise actuelle lui offre une opportunité, mais rien ne garantit qu’elle s’inscrira dans la durée.