Les dépenses consacrées aux armes nucléaires ont bondi de 19 % entre 2024 et 2025, atteignant un total de 119 milliards de dollars, selon un rapport de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN). Un niveau inédit depuis le début de ce suivi en 2020, qui alimente les inquiétudes sur les risques nucléaires mondiaux.
Les États-Unis dominent largement ce classement avec 69,2 milliards de dollars investis, soit plus que l’ensemble des autres puissances nucléaires réunies. Derrière, la Chine, le Royaume-Uni, la Russie et la France poursuivent également la modernisation de leurs arsenaux.
Au total, neuf pays disposent de l’arme nucléaire, dont l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord, tous engagés dans des programmes de renforcement ou de modernisation.
Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), cette dynamique s’accompagne du développement de nouveaux systèmes d’armement, notamment des missiles hypersoniques ou à propulsion nucléaire. Moscou et Washington concentrent à eux seuls environ 83 % des ogives mondiales.
Les experts alertent sur une dépendance croissante aux armes nucléaires dans les stratégies de défense, susceptible d’accroître les tensions internationales. De son côté, l’ICAN dénonce un choix budgétaire lourd de conséquences, estimant que ces sommes auraient pu être consacrées à des priorités mondiales comme la lutte contre la faim, la santé ou le climat.
Dans un contexte géopolitique tendu, cette hausse des dépenses souligne le retour en force de la dissuasion nucléaire au cœur des rapports de puissance