Alors que la justice genevoise poursuit une enquête sur l’origine de plusieurs millions d’euros transférés vers une banque suisse, l’ancienne Première dame du Gabon dénonce une affaire à caractère politique et rappelle qu’elle bénéficie de la présomption d’innocence.
L’entourage de Sylvia Bongo Ondimba sort du silence. Au lendemain de la confirmation de l’existence d’une enquête pour blanchiment d’argent ouverte à Genève, l’ancienne Première dame du Gabon affirme qu’aucune charge n’a été retenue contre elle et assure bénéficier pleinement de la présomption d’innocence.
Dans un courrier adressé à RFI, ses proches rappellent que la procédure engagée par le ministère public genevois en novembre 2023 n’a pas pour objet d’établir sa culpabilité, mais de vérifier l’origine de fonds déposés dans une banque suisse. Selon eux, l’ouverture de cette instruction fait suite à un signalement automatique des autorités suisses intervenu après le coup d’État du 30 août 2023 au Gabon.
Cette réaction intervient alors que la justice genevoise poursuit ses investigations sur des transferts de plusieurs millions d’euros, dont l’origine est soupçonnée d’être liée à des faits présumés de corruption d’agents publics étrangers et de détournements de fonds publics. Dans cette affaire, la Chambre pénale de recours de Genève a récemment rejeté le recours de Sylvia Bongo et confirmé que l’État gabonais pouvait se constituer partie plaignante.
« L’enquête se poursuit »
Face à ces développements, Sylvia Bongo dénonce une procédure qu’elle considère comme largement influencée par le contexte politique né du changement de régime à Libreville. Elle conteste également sa condamnation par contumace au Gabon à 20 ans de réclusion criminelle, estimant que le procès s’est déroulé en violation de ses droits de la défense.
Plusieurs recours ont d’ailleurs été engagés devant des juridictions internationales, selon ses avocats.L’ancienne Première dame affirme enfin que son patrimoine est issu de ses activités d’entrepreneure et soutient qu’aucun lien n’a, à ce jour, été démontré entre ses avoirs et d’éventuels fonds publics gabonais.L’enquête suisse, elle, se poursuit.
À ce stade, les autorités judiciaires de Genève n’ont annoncé ni mise en examen ni calendrier pour la clôture de l’instruction. Le dossier reste donc au stade des investigations, dans le respect du principe de la présomption d’innocence