Au Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires, l’ONU et l’Union africaine tirent la sonnette d’alarme.
Alors que les conflits armés ravagent Gaza, le Soudan et plusieurs régions du Sahel, un autre fléau s’étend dans l’ombre : la faim. Lors du Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS), qui s’est tenu en Éthiopie, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a lancé un avertissement : « Nous ne devons jamais accepter la faim comme une arme de guerre ».
À Gaza, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis le début du conflit en octobre 2023, 147 personnes sont mortes de malnutrition, selon le ministère de la Santé du Hamas, des données jugées crédibles par l’ONU. L’OMS alerte : les taux de malnutrition atteignent des niveaux alarmants, avec un pic de décès recensé en juillet. Le blocus imposé par Israël en mars, même partiellement assoupli depuis mai, a laissé 2,4 millions de personnes sans accès suffisant à la nourriture, aux médicaments et au carburant.
Au Soudan, la guerre civile entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) plonge le pays dans une catastrophe humanitaire. Depuis avril 2023, des dizaines de milliers de morts et plus de 14 millions de déplacés sont recensés. Pour l’ONU, il s’agit désormais de la pire crise humanitaire au monde.Et dans le Sahel, les sécheresses, les inondations et l’instabilité sécuritaire laissent des millions de personnes sans ressources. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, prévient : « La faim progresse partout. Des millions d’enfants et de mères dorment le ventre vide ».
L’aide internationale en recul
Sur l’ensemble de l’Afrique, 282 millions de personnes souffrent de malnutrition. Parmi elles, 52 millions vivent en situation d’insécurité alimentaire sévère et 3,4 millions sont au bord de la famine. En parallèle, 10 millions de personnes sont déplacées à cause des catastrophes climatiques : sécheresses, cyclones, inondations… « Les chocs climatiques, les conflits armés et les perturbations économiques forment une tempête parfaite », explique Mahamoud Ali Youssouf.
Face à cette urgence, il appelle les États africains à consacrer 10 % de leur PIB à l’agriculture pour renforcer leur résilience. Mais il insiste aussi : « Nous ne pouvons pas faire ça seuls ». La réduction des financements occidentaux, notamment après le démantèlement de l’USAID sous Donald Trump, a laissé de nombreux programmes en suspens.
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