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Candidature du ministre d’Etat Wadagni : L’opposition dénonce un conflit d’intérêt, malgré une jurisprudence Yayi de 2016

Alors que l’opposition réclame la démission de Romuald Wadagni, candidat à la présidentielle de 2026 et toujours ministre d’État, elle se heurte à un précédent embarrassant : en 2016, Lionel Zinsou, alors Premier ministre, avait lui aussi concouru depuis son poste, avec la bénédiction de Thomas Boni Yayi. Pourquoi donc cette polémique à géométrie variable?

La candidature de Romuald Wadagni à la présidentielle d’avril 2026 met à nu l’un des paradoxes les plus tenaces de la vie politique béninoise : l’amnésie stratégique. À peine désigné par les deux principales formations de la majorité présidentielle, le ministre d’État en charge de l’Économie se retrouve cloué au pilori par l’opposition pour « conflit d’intérêts ».

Le motif ? Sa position jugée trop influente au sein de l’appareil étatique, notamment du fait de son autorité sur la Direction générale des impôts, instance qui délivre le sésame fiscal indispensable à toute candidature. Or, en 2016, Lionel Zinsou, Premier ministre d’un certain Thomas Boni Yayi, s’était lui aussi présenté à la présidentielle sans quitter ses fonctions.

Pire, il avait proposé de se retirer, et c’est Yayi lui-même qui aurait refusé sa démission, arguant de l’absence de conflit d’intérêts. Aujourd’hui, à la tête du parti Les Démocrates, l’ancien chef de l’État mène la fronde contre une configuration presque identique mais inversée. Ce renversement de posture n’échappe ni à l’opinion publique ni aux analystes.

L’exigence démocratique ne peut être à géométrie variable selon qu’on est au pouvoir ou dans l’opposition. Dans le cas d’espèce , la posture de fermeté mesurée affichée par le gouvernement qui promet un retrait de Wadagni « après le vote du budget 2026 »  semble un compromis responsable. De toute façon, l’opposition a mieux à faire, incapable qu’elle est de trouver un cheval gagnant pour affronter la machine redoutable qu’installe le régime sortant.

Il est incompréhensible et politiquement contreproductif qu’à sept mois de l’échéance, Les Démocrates n’ont toujours pas désigné de candidat unique. Cette indécision, conjuguée à un discours contestataire miné par ses propres contradictions, risque de reléguer leurs alertes au rang de posture plutôt que de projet.

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