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Uranium nigérien : La justice internationale s’interpose entre Orano et Niamey

Le conflit qui oppose le groupe minier français Orano à l’État du Niger connaît prend de l’ampleur. Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), tribunal arbitral basé à Washington, a rendu une décision provisoire le 26 septembre, ordonnant la libération immédiate du représentant local d’Orano, Ibrahim Courmo, détenu depuis mai 2025.

Par la même occasion, le CIRDI a interdit à l’État nigérien de vendre les stocks d’uranium confisqués à la société française, en attendant le verdict définitif sur le fond du litige. Les tensions diplomatiques, on se rappelle, entre Paris et Niamey se sont considérablement accrues depuis l’arrivée au pouvoir, en 2023, du régime militaire mené par le général Abdourahamane Tiani.

Ce dernier a lancé une politique souverainiste affirmée, visant à reprendre le contrôle de l’exploitation des ressources naturelles, au premier rang desquelles figure l’uranium.Parmi les cibles de cette nouvelle stratégie : la Somaïr, une filiale d’Orano détenue à 90 % par l’État français. Présente au Niger depuis des décennies, la société française est accusée par le pouvoir nigérien de profiter indûment des ressources du pays.

Dans un communiqué publié dans la foulée de la décision, Orano a fait part de sa satisfaction face à ce qu’elle qualifie de « reconnaissance claire de ses droits », tout en déplorant la détention prolongée de son représentant, jugée illégale. »Nous nous réjouissons de cette décision provisoire, qui confirme la légitimité de notre action. En cas de non-respect, nous n’excluons pas d’engager d’autres procédures, y compris pénales », a indiqué le groupe.

Réplique ferme du Niger à l’ONU

Présent à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a vivement réagi. À la tribune de l’ONU, le chef du gouvernement a dénoncé une instrumentalisation du droit international par la France. »La France veut nous entraîner dans des procès interminables pour empêcher l’exploitation et la vente de notre propre minerai », a-t-il lancé, accusant l’ancien partenaire colonial de vouloir freiner la souveraineté économique du Niger.Derrière ce contentieux juridique se joue une recomposition des rapports de force entre la France et ses anciennes colonies africaines.

Le Niger, comme le Mali et le Burkina Faso, a tourné le dos à la coopération militaire française, tout en cherchant à diversifier ses partenariats économiques et stratégiques, notamment vers la Russie, la Chine ou encore la Turquie. Le verdict final du CIRDI est attendu dans les prochains mois.

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