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RDC-Rwanda : Un accord historique… mais la guerre continue dans l’Est

Ce jeudi, un accord de paix qualifié d’« historique » a été signé à Washington entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame. Le traité vise à mettre fin aux conflits qui ravagent depuis plus de deux décennies l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le texte, initialement paraphé en juin par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, a été présenté comme une étape majeure vers la stabilité. À Washington, le président américain Donald Trump a salué l’événement comme « un jour important pour l’Afrique et pour le monde », mettant en avant le rôle des États-Unis dans ces négociations.

Pourtant, sur le terrain, la situation reste préoccupante. À Goma, à plus de 11 000 kilomètres de la capitale américaine, les habitants oscillent entre espoir et scepticisme.

Daniel Kamana, résident de Goma, se montre optimiste : « Nous sommes contents d’apprendre qu’ils vont signer un accord de paix. Nous voulons juste entendre qu’ils ont trouvé une issue, car nous ne voulons plus être victimes. »

Mais d’autres, comme Djemba Utsu, restent prudents :
« Si leur rencontre va nous apporter la paix, c’est une bonne chose, mais la population continue de souffrir depuis trop longtemps. »

Shishalo Mahemo résume le sentiment général :
« Ils disent être dans un processus de paix et après, nous apprenons que la guerre reprend. Cela nous fait mal et nous inquiète. »

Depuis mardi, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’AFC-M23 se sont intensifiés. En Sud-Kivu, des combats ont été signalés à Kamanyola et Katogota, provoquant de nouveaux déplacements de population. La société civile locale fait état d’au moins 20 civils tués, dont des femmes et des enfants.

Omar Grâce, analyste politique sur place, nuance l’optimisme ambiant :
« Politiquement, cet accord est historique. Mais sa mise en œuvre reste incertaine. La paix ne se décrète pas par des signatures : elle se construit sur le terrain, avec des garanties concrètes. »

Les deux chefs d’État ont reconnu que le chemin vers la stabilité sera semé d’embûches. Paul Kagame a averti qu’il y aurait des « hauts et des bas » mais que le Rwanda tiendrait ses engagements. Félix Tshisekedi a tenu un discours similaire, promettant de veiller à l’application du traité.

Outre la dimension sécuritaire, l’accord prévoit également un encadrement de l’exploitation des ressources naturelles de l’est de la RDC, ouvrant un accès aux minerais essentiels pour le gouvernement et les entreprises américaines, selon Donald Trump.

Alors que les signatures ont été apposées dans le faste des couloirs diplomatiques de Washington, la population de l’Est congolais retient son souffle. Pour eux, la paix se mesure aux actes concrets sur le terrain, et non aux discours.

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