Alors que les manifestations en Iran se poursuivent dans un climat de répression violente, Donald Trump met en garde contre une intervention militaire tout en renforçant les sanctions économiques. Son soutien aux manifestants reste ambigu, et ses options face au régime de Khamenei sont encore floues.
La situation en Iran s’intensifie alors que des manifestations massives secouent le pays, confrontant le régime de l’ayatollah Khamenei à un défi de taille. La répression violente des manifestations, qui a fait plus de 600 morts selon les ONG, a incité Donald Trump à adopter une position plus agressive vis-à-vis de Téhéran. Le président américain a multiplié les déclarations menaçant d’intervenir militairement pour soutenir les manifestants, tout en maintenant un flou stratégique quant à la forme de cette intervention.
Trump, qui a longtemps considéré l’Iran comme un adversaire majeur, a déclaré qu’il était prêt à utiliser la force si nécessaire pour mettre fin à la répression du régime. Cependant, tout en exprimant son soutien aux manifestants, il a précisé qu’il n’était pas en faveur d’un changement de régime, s’appuyant sur les leçons de l’invasion de l’Irak en 2003, qu’il jugeait catastrophique.
Cette position ambiguë soulève des interrogations sur les intentions réelles des États-Unis : s’agit-il d’une réelle menace militaire ou d’un levier de négociation pour faire plier le régime iranien ?
Trump a également annoncé de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran, menaçant de frapper tout pays commerçant avec le régime iranien de droits de douane de 25 %. Ces mesures viennent compléter la pression diplomatique et économique exercée depuis plusieurs années, mais les résultats restent incertains.
Risques
La question de l’intervention militaire se pose avec de plus en plus d’acuité. Pour Behnam Ben Taleblu, analyste à la Foundation for Defense of Democracies, la principale crainte d’une intervention n’est pas que les Iraniens se rallient aux autorités, mais qu’ils aient peur de sortir dans la rue en raison des menaces de violence accrue. Une intervention américaine pourrait jouer en faveur du régime, en renforçant sa narrative de victime face à l’ingérence étrangère, mais elle pourrait aussi galvaniser les manifestants. Le risque est donc de jouer sur des équilibres extrêmement fragiles.
Par ailleurs, l’option d’une frappe militaire contre les forces de sécurité iraniennes, notamment les Gardiens de la Révolution, est régulièrement évoquée. En juin 2025, Trump avait déjà envisagé des frappes contre des sites nucléaires iraniens, dans un contexte de tensions croissantes avec Israël.
Cependant, des experts soulignent que de telles frappes risqueraient d’aggraver la situation sans provoquer un véritable changement de régime. Vali Nasr, professeur à l’Université Johns Hopkins, indique que même des frappes ciblées « ne suffiraient pas pour déstabiliser le régime », surtout dans un pays aussi vaste et complexe que l’Iran.
Sanam Vakil, chercheuse au sein du Chatham House, met en garde contre un scénario où l’intervention américaine pourrait au contraire renforcer la paranoïa du régime et justifier une répression encore plus violente.
Assouplir les sanctions économiques
En parallèle, certains observateurs estiment qu’une approche diplomatique plus nuancée pourrait avoir des effets positifs, notamment en assouplissant les sanctions économiques. Selon Mohammad Ali Shabani, rédacteur en chef du site Amwaj.media, beaucoup d’Iraniens seraient prêts à accepter un accord qui permettrait de lever certaines sanctions, tout en évitant une guerre.
« La plupart des Iraniens acceptent désormais que la République islamique ne sera pas là pour toujours », conclut-il, soulignant que les aspirations des manifestants dépassent désormais les revendications sociales pour toucher à la légitimité même du régime.
En attendant, le peuple iranien, confronté à des violences quotidiennes, espère un soutien plus tangible de la part de la communauté internationale pour faire face au régime de Khamenei.L’avenir de l’Iran pourrait bien dépendre de la manière dont Trump et son administration choisiront d’agir face à cette crise, entre pression militaire, sanctions économiques et solutions diplomatiques.