Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti dimanche que toute intervention militaire américaine pourrait déclencher une guerre régionale. Il s’exprimait pour la première fois depuis la mi-janvier, alors que le pays traverse une crise politique et sociale profonde.
« Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a déclaré Khamenei, en qualifiant les récentes manifestations de « coup d’État ».Depuis la répression des manifestations qui ont secoué le pays début janvier, le climat est extrêmement tendu entre Téhéran et Washington.
En juin 2025, les États-Unis avaient déjà bombardé l’Iran lors d’un conflit de 12 jours déclenché par Israël. Aujourd’hui, le président américain Donald Trump laisse planer la menace d’une nouvelle attaque, tout en évoquant la possibilité de négociations.Parallèlement, l’Union européenne a inscrit les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, sur sa liste des « organisations terroristes ».
En réponse, le Parlement iranien a classé les armées européennes comme groupes terroristes, dans un geste avant tout symbolique mais fortement provocateur.
‘Une guerre n’est dans l’intérêt ni de l’Iran ni des États-Unis’
Les forces américaines ont renforcé leur présence dans le Golfe, avec notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln et son escorte de destroyers. Du côté iranien, l’armée affirme être en état d’alerte maximale.Pour autant, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à privilégier la diplomatie.
« Une guerre n’est dans l’intérêt ni de l’Iran ni des États-Unis », a-t-il déclaré, soulignant des « progrès » vers d’éventuelles négociations. Donald Trump a confirmé que des discussions étaient en cours, sans fournir de détails.
Les médias ultraconservateurs exacerbent les tensions. Le quotidien Kayhan titre : « Asie de l’Ouest, patrie de l’Iran et cimetière de l’Amérique », tandis que l’agence Mehr rapporte que plusieurs milliers de tombes seraient prêtes pour accueillir les dépouilles de soldats américains en cas de conflit.
Le régime iranien a réprimé début janvier des manifestations initialement liées au coût de la vie, mais rapidement transformées en défi politique majeur. Selon l’ONG HRANA, plus de 6 700 personnes ont été tuées, dont 137 enfants, et 17 000 décès supplémentaires pourraient être confirmés.