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Niger : L’aéroport de Niamey, la base 101 et une cargaison d’uranium, sous menace jihadiste

L’aéroport international Diori Hamani, au coeur de la capitale nigérienne, a été la cible d’une attaque jihadiste dans la nuit de mercredi à jeudi. La base militaire 101, qui y est installée et abrite notamment un important chargement d’uranium, a été touchée. L’assaut a été revendiqué vendredi par l’État islamique (EI).

Les habitants proches de l’aéroport ont entendu tirs et explosions peu après minuit, pendant plus d’une heure, avant qu’un calme relatif ne revienne. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent de longues traînées lumineuses dans le ciel, probablement liées à des tirs de défense antiaérienne contre des drones.Les images satellites ont révélé des toits de hangars endommagés et des zones partiellement brûlées près de la piste.

Selon la junte militaire au pouvoir, quatre militaires ont été blessés, vingt assaillants ont été tués, dont un Français, et onze autres ont été arrêtés. Trois aéronefs civils ont été touchés, dont deux appartenant à la compagnie Asky.Les violences jihadistes sont fréquentes dans l’ouest et le sud-est du Niger depuis plus de dix ans, mais il est exceptionnel que la capitale soit touchée.

La semaine dernière, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida, avait déjà revendiqué la destruction d’un véhicule militaire à quelques kilomètres à l’est de Niamey.

1000 tonnes d’uranium

La base 101 est un site hautement stratégique. Elle abrite la principale unité de l’armée de l’air nigérienne et le stockage d’environ 1 000 tonnes d’uranium concentré, au centre d’un litige avec le géant français du nucléaire Orano. La base est également le QG de la Force unifiée du Niger et de ses alliés burkinabè et malien pour lutter contre les groupes jihadistes.

Près de 300 militaires italiens y sont déployés dans le cadre de la Mission italienne de soutien au Niger, sans avoir été impliqués dans les combats.

La junte, arrivée au pouvoir après le coup d’État du 26 juillet 2023, a salué le rôle des « partenaires russes » dans la défense du site et a accusé les présidents français, béninois et ivoirien d’être les sponsors de l’attaque.

Ces accusations ont été fermement rejetées par Abidjan et Cotonou, qui ont dénoncé des propos inacceptables.Malgré la violence, le calme est revenu rapidement dans la capitale. Les vols ont repris, les commerces étaient ouverts et les taxis circulaient normalement.

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