Une quarantaine de cotonculteurs venus de six pays ouest-africains se sont réunis à Dakar pendant trois jours pour partager leurs expériences et confronter leurs défis. Entre fluctuations des rendements liées au changement climatique, attaques de ravageurs et difficultés financières pour acheter les intrants agricoles, la filière fait face à de nombreuses turbulences.
Au Cameroun, seul pays de la région à ne pas bénéficier de subventions pour les engrais ou les pesticides, les producteurs subissent de plein fouet la conjoncture difficile. Gilbert Dousselbe, producteur sur 20 hectares dans le nord du pays, raconte : « La campagne 2024-2025 a beaucoup impacté le rendement.
Nous avons dû faire face à l’attaque des jassides, et le produit utilisé pour les contrôler a été très coûteux et a eu des effets secondaires. Les rendements ont chuté, et nos recettes ont fortement baissé. » Résultat : la production nationale a reculé de plus de 20 %, entraînant des pertes économiques importantes pour les exploitants.
À l’inverse, le Sénégal se distingue par une dynamique positive. La production de coton a presque doublé, passant de 12 000 à 20 000 tonnes cette année. Moussa Sabaly, producteur dans la région de Kolda, explique : « Malgré les difficultés, le gouvernement nous a soutenus. Nous avons pu obtenir des intrants de qualité, à bon prix et au bon moment. L’État nous a également accompagnés sur le prix du coton. »
À l’issue de la réunion, les 15 pays membres de l’Association des producteurs de coton africains ont publié un manifeste. Ils exhortent leurs États à soutenir la filière, en facilitant l’accès à des intrants agricoles abordables et à du matériel de qualité.
L’objectif affiché : atteindre au moins une tonne de coton par hectare d’ici 2030, pour sécuriser les revenus des producteurs et renforcer la compétitivité de l’Afrique sur marché mondial du coton.