Perquisitions, mises en examen, auditions de dirigeants : X, Telegram et TikTok sont désormais dans le viseur de la justice française. Accusées d’avoir laissé prospérer des violences, des crimes sexuels et des contenus liés au suicide, les plateformes sont confrontées à une remise en cause inédite de leur responsabilité pénale
La justice française a engagé une série d’enquêtes inédites visant plusieurs grandes plateformes numériques, accusées d’avoir laissé circuler, voire facilité, des contenus criminels. À X, une perquisition a été menée dans les locaux français et Elon Musk a été convoqué en audition libre.
L’enquête, ouverte en janvier 2025 après des signalements de députés, vise des algorithmes biaisés et a été élargie après la diffusion par l’IA Grok de contenus négationnistes et de deepfakes sexuels. Les magistrats examinent aussi d’éventuelles infractions liées à la pédopornographie.
Chez Telegram, son fondateur Pavel Durov a été arrêté puis mis en examen en août 2024. La justice lui reproche de ne pas avoir agi contre la diffusion de contenus criminels sur sa messagerie, notamment en matière de pédopornographie et de trafics, dans un cadre relevant de la criminalité organisée.
TikTok est de son côté visé par une enquête ouverte en octobre 2025, après des signalements dénonçant l’impact de son algorithme sur la santé mentale des jeunes et la banalisation du suicide. Une commission parlementaire a évoqué un « océan de contenus néfastes ».
Ces dossiers, selon les experts, s’inscrivent dans une tendance plus large, illustrée aussi par les affaires Coco ou Kick, où la justice cherche désormais à établir la responsabilité pénale des plateformes et de leurs dirigeants.