Après près d’un mois de grève nationale, les avocats marocains reprennent leurs activités, et mettent fin à un mouvement qui a paralysé de nombreuses juridictions et suspendu la majorité des audiences dans le Royaume. La décision a été prise ce lundi 16 février, conformément au calendrier fixé par l’Association des barreaux du Maroc (ABAM).
Le mouvement faisait suite à la présentation d’un projet de loi réformant la profession d’avocat, porté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Les représentants de la profession dénonçaient des dispositions jugées attentatoires à l’indépendance de la défense, affectant la procédure civile, la fiscalité des avocats et le transfert de certaines prérogatives du Conseil de l’Ordre vers d’autres instances.
Le texte prévoit également des mesures jugées controversées, comme l’assouplissement des conditions pour les avocats étrangers et la baisse de l’âge limite d’accès à la profession de 45 à 40 ans. Les barreaux ont estimé que ces changements pourraient affaiblir l’autonomie et l’autorégulation de la profession.
Le gouvernement, qui avait approuvé le texte le 8 janvier, affirme que la réforme s’inscrit dans un projet plus large de modernisation du système judiciaire, visant à améliorer l’efficacité des procédures et la transparence.
Durant ce mois de paralysie, de nombreuses audiences civiles, pénales et commerciales ont été reportées, aggravant l’encombrement des juridictions. Malgré la suspension temporaire du projet, les avocats restent vigilants et la profession laisse entendre que d’autres formes de mobilisation pourraient être envisagées si les discussions n’aboutissent pas à des avancées jugées satisfaisantes.
La reprise du travail intervient après une rencontre avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, au terme de laquelle il a été décidé de constituer une commission mixte supervisée par la Primature, associant les représentants des avocats. Le projet de loi ne sera pas soumis au Parlement avant les conclusions de cette instance, selon l’ABAM.