Les agences onusiennes tirent la sonnette d’alarme sur la situation des migrants et réfugiés en Libye. Dans un rapport publié mardi, la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) dénoncent des violations « systématiques » et appellent à des réformes immédiates pour protéger la dignité des personnes concernées.
Le document décrit un panorama inquiétant d’abus récurrents. Migrants et réfugiés sont confrontés à des arrestations arbitraires, des tortures, des violences sexuelles, mais aussi à l’exploitation et à la discrimination.
Selon le rapport, quatre types d’abus se répètent :interceptions illégales et dangereuses en mer ; expulsions collectives ; violences sexistes et sexuelles ; détentions arbitraires, disparitions forcées et mauvais traitements dans une quarantaine de centres officiels et non officiels.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est minée par les rivalités politiques et l’instabilité chronique. Ce contexte a favorisé la traite humaine et les abus contre les migrants, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne, mais aussi d’Asie et du Moyen-Orient.
L’ONU demande la libération immédiate des détenus arbitraires et réclame des réformes juridiques et politiques pour démanteler ce système d’exploitation.
Elle exhorte également l’Union européenne à suspendre toutes les interceptions et renvois de migrants vers la Libye tant que des garanties en matière de droits humains ne seront pas assurées.