Le lanceur d’alerte ivoirien Jean-Christian Konan a été entendu vendredi par le tribunal de Bingerville, suite à plusieurs plaintes pour diffamation, troubles à l’ordre public et escroquerie. Ses alertes sur les remblais de la lagune Ébrié et leur impact environnemental suscitent aujourd’hui des poursuites judiciaires.
Le lanceur d’alerte ivoirien Jean-Christian Konan a été entendu vendredi par un juge d’instruction du tribunal de Bingerville, dans le cadre de plusieurs plaintes visant des faits de diffamation, de troubles à l’ordre public et de diffusion de fausses informations.Tout a commencé après huit plaintes déposées par des personnes physiques et morales auprès de la PLCC (Plateforme de lutte contre la cybercriminalité).
Parmi elles, une plainte pour escroquerie portant sur 80 millions de FCFA a conduit à un mandat d’arrêt notifié par le tribunal, selon un communiqué du procureur.Jean-Christian Konan est également visé par d’autres accusations, notamment pour troubles à l’ordre public et pour diffusion de fausses nouvelles susceptibles de causer la désobéissance aux lois.
L’année dernière, ce lanceur d’alerte avait déjà attiré l’attention en alertant les réseaux sociaux sur la présence d’un navire transportant 20 000 tonnes de nitrate d’ammonium au large du port autonome d’Abidjan, qui avait finalement pu accoster.Cette fois-ci, Jean-Christian Konan a documenté plusieurs nouveaux remblais sur la lagune Ébrié, dénonçant leur impact sur l’environnement et la qualité de vie des riverains.
Pour ses avocats, ces poursuites judiciaires sont directement liées à ses alertes environnementales. « On le met en prison parce qu’on veut l’empêcher de parler. On l’enferme et on communique dessus pour diffuser la peur et forcer au silence tous ceux qui voudraient l’imiter », dénonce l’un de ses conseils.