Les propos de Mike Huckabee sur le “droit biblique” d’Israël du Nil à l’Euphrate provoquent une crise diplomatique et l’indignation de plus de dix pays arabes.
Les propos de Mike Huckabee, Ambassadeur des États-Unis en Israël, ont déclenché une réaction diplomatique au Moyen-Orient. Dans un podcast diffusé le 20 février, l’ancien pasteur baptiste a affirmé qu’Israël disposait d’un « droit biblique » sur un territoire s’étendant « du Nil à l’Euphrate ».
Interrogé par le commentateur conservateur américain Tucker Carlson sur un verset de la Genèse sur une promesse divine faite à Abraham, Mike Huckabee a déclaré : « Je pense que c’est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient. Ce serait bien s’ils prenaient tout. »Il a également évoqué une « terre donnée par Dieu à un peuple élu », qu’il serait acceptable de la prendre dans son intégralité.
Plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie et l’Indonésie, ainsi que la Ligue arabe, ont publié un communiqué commun le 21 février. Ils dénoncent ces propos comme « dangereux et incendiaires » et rappellent que la seule voie vers une paix durable est une solution à deux États avec un État palestinien sur les frontières de 1967 et Jérusalem-Est pour capitale.
Riyad a qualifié les déclarations de « violation du droit international et des normes diplomatiques » et a averti que ce « précédent extrême » pourrait avoir de graves conséquences pour la sécurité régionale et mondiale.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a dénoncé des propos « contraires aux faits religieux et historiques », les qualifiant d’« appel explicite à porter atteinte à la souveraineté des pays » et de soutien à « des plans d’annexion et d’expansion » au détriment du peuple palestinien.
D’autres réactions
À Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a estimé que ces déclarations reflétaient « l’implication active des États-Unis dans les guerres d’expansion d’Israël » et a qualifié ces propos de « discours idéologiques extrémistes ».
Face aux critiques, l’ambassadeur a publié deux messages sur X pour préciser sa position sur d’autres sujets abordés lors de l’entretien, notamment la définition du sionisme. Il n’a toutefois pas retiré ses propos concernant l’extension du contrôle israélien sur le Moyen-Orient.