Le 24 février 1966, Kwame Nkrumah était renversé au Ghana. Son héritage divise encore le pays entre partisans et détracteurs.
Soixante ans après le coup d’État du 24 février 1966, la figure de Kwame Nkrumah continue de diviser au Ghana. Père de l’indépendance en 1957 et chantre du panafricanisme, le premier président du pays a été renversé par des militaires alors qu’il se trouvait en visite officielle en Chine.
Les premières années de son pouvoir sont marquées par un essor économique et d’ambitieux projets d’infrastructures. Mais au début des années 1960, la situation se dégrade : pénuries, difficultés des entreprises publiques, mécontentement social croissant.
En 1964, un référendum fait de Nkrumah un président à vie et instaure le parti unique. Les libertés publiques reculent, les arrestations arbitraires se multiplient. Pour ses détracteurs, le chef d’État a basculé dans l’autocratie.
Le 24 février 1966, un groupe de policiers et de militaires prend le pouvoir. À la radio, le lieutenant-colonel Emmanuel Kwasi Kotoka annonce : « Le mythe de Kwame Nkrumah est brisé. » Aujourd’hui encore, l’événement divise les deux grands partis, le New Patriotic Party (NPP) et le National Democratic Congress (NDC).
Le débat sur le changement de nom de l’aéroport d’Accra, baptisé en l’honneur de Kotoka, en est l’illustration.Pour certains, le coup d’État a mis fin à une dérive autoritaire. Pour d’autres, il s’agit d’une rupture brutale, encouragée en pleine guerre froide par des intérêts étrangers, contre un dirigeant dont le projet panafricain dérangeait.
Visionnaire pour les uns, dirigeant autoritaire pour les autres : six décennies plus tard, l’héritage de Kwame Nkrumah reste au cœur de l’identité politique ghanéenne.