Au Burkina Faso, quatre hauts magistrats et trois agents des douanes ont été condamnés à des peines de prison pour corruption et complicité de corruption. Le verdict a été rendu ce mardi 24 février 2026 par la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Koupéla, à environ 100 km de Ouagadougou, après un procès ouvert le 16 janvier dernier.
Ces magistrats et douaniers étaient poursuivis pour avoir perçu des avantages indus afin de prononcer un non-lieu en faveur de douaniers eux-mêmes poursuivis pour des faits de concussion.
Peines prononcées
Alban Balanoë Somé : 36 mois de prison, dont 18 mois ferme, pour corruption d’agent public et révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé.
Mohamed Traoré, Urbain Medah et Sandaogo Antoine Kaboré : peines de 2 à 12 mois ferme pour corruption et complicité de corruption.
Trois douaniers (Oumarou Yameogo, Jonas Yameogo et Zindi Nikiéma) : 15 mois de prison chacun, dont 2 mois ferme, pour corruption.Toutes ces condamnations s’accompagnent d’amendes allant de 2 à 3 millions de francs CFA.
Relaxés
Le magistrat Jean Jacques Wend-Panga Ouedraogo, l’avocat Arno Sampebré et le douanier Seydou Traoré ont été relaxés.
Durant le procès, certains magistrats ont dénoncé des « enlèvements », « séquestrations » et actes de « torture » de la part des enquêteurs. Leurs avocats ont dénoncé ces faits comme des violations graves des procédures judiciaires.
Après plusieurs jours de débats contradictoires, le tribunal a donc pu statuer sur des faits graves de corruption au sein de la magistrature et de l’administration douanière, et envoyer un signal fort sur la lutte contre la corruption au Burkina Faso