Après huit années de négociations sans succès, le Ghana et le Togo s’apprêtent à porter devant la justice internationale leur différend sur le tracé de leur frontière maritime. Accra a annoncé le 20 février sa décision de saisir le tribunal international du droit de la mer, et Lomé a réagi vendredi 27 février, se disant prêt à défendre ses intérêts « dans la sérénité et le respect du droit international.
Le différend remonte à la période coloniale et concerne une zone stratégique pour l’exploitation des ressources naturelles, notamment pétrolières. En 2018, un comité avait été créé pour tenter de résoudre le problème, mais les réunions entre Lomé et Accra n’ont jamais permis d’aboutir à un accord.
En 2021, le Ghana avait proposé une frontière provisoire alors qu’il exploitait déjà un bloc pétrolier dans la zone disputée, proposition rejetée par le Togo. Pour le gouvernement togolais, « la démarche du Ghana est légitime », a déclaré le ministre de l’Administration territoriale, Awaté Hodabalo.
Il a ajouté que le Togo resterait « profondément attaché à l’intégrité territoriale et aux principes internationaux » et qu’il abordera la procédure « avec responsabilité, sérénité et esprit d’ouverture ».
La délimitation de cette frontière maritime est cruciale pour les deux pays, puisqu’elle définit les zones d’exploitation des ressources naturelles. Les Nations unies avaient proposé une démarcation technique basée sur des calculs géométriques précis, mais le Togo avait refusé, estimant que ce tracé réduirait ses potentialités maritimes.L’arbitrage se fera sous le couvert de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.