Au Sénégal, le recours par les autorités à un emprunt de 650 millions d’euros via un instrument financier jugé opaque, fait polémique.En cause : l’utilisation de Total Return Swaps (TRS) pour contribuer au remboursement d’une dette publique estimée à près de 132 % du PIB.
Selon le gouvernement, cette opération, réalisée en mai et juin 2025, s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement. L’exécutif affirme également avoir informé l’Assemblée nationale du Sénégal de ce choix.
Ces explications ne convainquent pas l’opposition. Le député non aligné Thierno Alassane Sall estime que cet emprunt, au vu de son montant et de ses risques, aurait dû être soumis à l’approbation parlementaire. Il souligne notamment que cette opération ne figure pas dans les lois de finances 2025 et 2026.
Même inquiétude du côté de la société civile. Le think tank Legs Africa dénonce un manque de transparence budgétaire. Son directeur, Elimane Haby Kane, met en garde contre des pratiques « nébuleuses » susceptibles d’accroître la défiance des citoyens.
L’utilisation de ces instruments pourrait compliquer les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que le Sénégal cherche à relancer un programme de soutien financier.
Quid des relations avec le FMI
Pour Abdoulaye Ndiaye, professeur à l’université de New York, le FMI considère ces TRS comme de la dette extérieure. Leur usage, jugé opaque, pourrait freiner la conclusion d’un accord pourtant crucial pour restaurer la confiance des investisseurs.
L’opposition réclame un débat parlementaire sur l’état des finances publiques et la stratégie d’endettement du pays. Les deux emprunts révélés doivent arriver à échéance en 2028.D’ici là, le Sénégal devra éviter tout défaut de paiement, sous peine de s’exposer à des pénalités financières importantes.