Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis amorcent un rapprochement pragmatique avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, malgré les coups d’État militaires intervenus entre 2020 et 2023. Après plusieurs années de relations distantes, Washington privilégie désormais une approche moins centrée sur la démocratie et davantage orientée vers les intérêts stratégiques.
Ce changement est largement motivé par la montée en puissance de la Chine et de la Russie dans le Sahel, deux puissances déjà très présentes dans les secteurs miniers et sécuritaires. Dans une région riche en uranium, or et lithium, les États-Unis cherchent à sécuriser leur accès aux ressources critiques pour l’économie mondiale.
Sur le plan sécuritaire, le dialogue reprend progressivement. Les États-Unis tentent de reconstruire une coopération avec les régimes militaires, malgré des tensions récentes comme le retrait des troupes américaines du Niger et la fermeture d’une base de drones clé pour la surveillance régionale. Dans le même temps, certaines sanctions visant des responsables maliens ont été levées afin de favoriser la reprise des échanges.
Mais c’est surtout le volet économique qui structure ce retour. Plusieurs entreprises américaines s’intéressent de nouveau aux secteurs minier et énergétique, notamment autour de l’or au Mali et de l’uranium au Niger. Cette dynamique s’inscrit dans une logique plus large de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en matières premières stratégiques.
Enfin, cette stratégie suscite des critiques. Certains analystes estiment qu’elle traduit une diplomatie plus transactionnelle, centrée sur les intérêts économiques immédiats, au risque de négliger les questions de gouvernance, de droits humains et de stabilité à long terme dans une région déjà très fragile.