Réunis à Kigali pour le Sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire, plusieurs pays du continent affichent leurs ambitions dans le nucléaire civil. Porté par de nouvelles technologies et des besoins énergétiques croissants, ce secteur suscite un intérêt grandissant malgré les défis liés au financement et aux risques.
Kigali, le Sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire (Neisa) réunit jusqu’au 21 mai des décideurs et experts venus de tout le continent pour réfléchir à l’avenir du nucléaire civil en Afrique. Avec la forte demande énergétique, cette source d’énergie longtemps controversée revient au cœur des stratégies nationales.
Si le nucléaire suscite encore des inquiétudes liées aux déchets radioactifs et aux risques d’accident, les avancées technologiques changent la donne. Les petits réacteurs modulaires (SMR), plus flexibles et plus rapides à déployer, apparaissent comme une alternative adaptée aux réalités africaines.
« Le futur du nucléaire en Afrique ne ressemblera pas à celui du siècle», souligne Lassina Zerbo, président du Rwanda Atomic Energy Board, mettant en avant une technologie plus sûre et mieux intégrée aux infrastructures locales.
De lourds investissements
À ce jour, seule l’Afrique du Sud dispose d’une centrale nucléaire en activité sur le continent. Mais des pays comme le Rwanda ou le Ghana affichent clairement leurs ambitions, misant sur cette énergie pour soutenir leur développement industriel et réduire leur dépendance aux énergies fossiles.
Le principal obstacle reste toutefois le financement. Les projets nucléaires nécessitent des investissements lourds, souvent hors de portée des budgets nationaux.
Mais des évolutions sont en cours. Selon Rafael Mariano Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), des discussions avancées avec des institutions comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pourraient faciliter l’accès aux financements.
Dans un continent en quête de solutions durables et fiables pour répondre à ses besoins énergétiques, le nucléaire civil s’impose progressivement comme une option stratégique, malgré les débats qu’il continue de susciter.